Résumé en une phrase : Trois chefs se pognent verbalement, avec toute la grâce et la finesse du Combat des chefs d’Astérix.
Moment cool : Mario Dumont se fait planter par Jacques Moisan, modérateur du débat, à propos de l’impertinence du cas des prisons au Québec alors que le sujet en cours est l’économie.
Moment drôle : Mario Dumont qui sort un document hyper confidentiel et super duper secret sur le pont qui a cassé en accusant Charest, tout excité.
Moment révélateur : Mario Dumont qui parle des accomodements raisonnables à la toute dernière minute du débat, question que personne ne puisse lui poser de question ou le challenger sur le sujet. Dommage qu’il ait pas pu faire ça avec ses chiffres à Tout le monde en parle…
Moment vide : Les animateurs de radio qui, lors de leur analyse du débat, mentionne que Jean Charest s’en sortait bien parce que c’est celui qui a le plus regardé la caméra, ce qui est sensé être une règle d’or des débats télévisés. Ben oui, tsé, JE VAIS VOTER POUR LE GARS QUI REGARDE LE PLUS LA CAMÉRA ENCORE.
Moment hautain : « Laissez donc les autres parler, M. Boisclair. C’est quoi votre problème ? » – Jean Charest
Moment déjà-vu : Mario Dumont qui réutilise toute ses armes déjà épuisés deux jours auparavant, à Tout le monde en parle. C’est ce qu’on apelle de la bonne préparation.
Technique communicationnelle la plus efficace : Le fait de contraster avec l’énervement de Dumont, qui rapelle un petit garçon, avec un ton reposé et calme fait en sorte qu’on écoute Boisclair quand il parle. Sa voix est insupportable, mais il a le mérite de bien l’utiliser.
Technique communicationnelle la moins efficace : Le sarcasme hautain de Jean Charest ne passait pas. C’est un rip-off du rôle de Boisclair depuis le début de la campagne.
Remarque porno suggéré : Le chef se débat nu dans la bouette #123.
Pire acteur : Mario Dumont, changeant d’intonation à chaque seconde. Parfois fâché, parfois content, mais toujours hésitant.
Citation du débat : « On ne montre pas de document à l’écran, M. Dumont » – Jacques Moisan
Meilleure façon de traiter quelqu’un de menteur sans vraiment le traiter de menteur parce que ça lui ferait pogner les nerfs : « M. Dumont, pourquoi vous dites le contraire de la vérité ? » – Jean Charest
Meilleure chevelure : Match nul.
Meilleure posture : Boisclair, par défaut, parce que les épaules de Dumont sont triangulaires et parce que Charest a l’air assis sur sa graisse.
Révision proposée par le Webzine : Pour ajouter un peu de piquant dans 4 ans ou moins, je suggère de mettre des micros sur les vestons de chaque chef et de donner à Jacques Moisan le contrôle de les allumer et de les éteindre à sa guise. Ça va peut-être lui éviter la crise cardiaque à force d’essayer d’interrompre les chefs, le pauvre.

Signe de l’influence du Webzine! : La preuve que le Philo disait vrai sur le vide de la campagne? Remarquez comment les 3 chefs semblent s’être mis d’accord pour éviter le sujet épineux et diviseur des accomodements raisonnables. Y aurait quand même pas fallu qu’on finisse avec un véritable débat de société au débat des chefs, tsé.
Remarque post-satirique : Qui a remporté le débat? Pas les électeurs, en tout cas. En prenant du recul sur le débat (ce qu’aucun média québécois semble en mesure de faire en ce moment, cf. le Moment vide), on se rend compte que la formule du débat est devenue un instrument précis et usé des grands partis politiques, auquel ils participent bien juste parce qu’ils peuvent maîtriser conjointement le terrain. Au Québec, on regarde, et on analyse le débat des chefs comme une partie des Canadiens : qui a bien déjoué, qui a pogné un pôteau; tout ça sur fond de ‘points’ accordés ou retirés aux chefs. Le résultat est un match nul… et pas dans le sens du pointage.